I - Multiples, diviseurs et division euclidienne
Définition 1
Soient et deux nombres entiers, avec . Dire que est un diviseur de , c’est dire que est un multiple de : il existe un entier tel que .Remarque
Les deux mots décrivent la même situation, vue des deux côtés : signifie à la fois que est un diviseur de et que est un multiple de .Exemples
- est un diviseur de , car .
- est un diviseur de , car .
- est un diviseur de , car .
- est un diviseur de , car .
Propriété 1
Tout entier non nul admet au moins deux diviseurs : et .Définition 2
Effectuer la division euclidienne d’un entier par un entier , c’est trouver les deux entiers (le quotient) et (le reste) tels que
Propriété 2
est un diviseur de si, et seulement si, le reste de la division euclidienne de par est nul.Méthode 1 — Chercher tous les diviseurs d'un entier
- Essayer les diviseurs dans l’ordre croissant.
- Chaque fois qu’un diviseur convient, noter aussi le diviseur associé : les diviseurs vont par paires.
- S’arrêter dès que dépasse : au-delà, on retrouverait les mêmes paires dans l’autre sens.
Exemple — Les diviseurs de 36
.
Comme , la recherche est terminée : les diviseurs de sont , , , , , , , et .
II - Critères de divisibilité par 2, 3, 5, 9 et 10
Propriétés — Critères de divisibilité
| Divisible par | Critère | Exemples |
|---|---|---|
| le chiffre des unités est , , , ou | ||
| la somme des chiffres est divisible par | ||
| le chiffre des unités est ou | ||
| la somme des chiffres est divisible par | ||
| le chiffre des unités est |
Remarque
Un nombre divisible par est toujours divisible par , puisque ; la réciproque est fausse, comme le montre . De même, un nombre divisible par est divisible par et par .Exemple — Un nombre passé au crible des critères
Prenons :
- il se termine par , donc il est divisible par , par et par ;
- , donc il est divisible par et par .
III - Nombres premiers
Définition 3
Un entier est premier s’il est supérieur ou égal à et s’il n’a que deux diviseurs : et lui-même. Sinon, il est dit composé.Remarque
n’est pas un nombre premier : il n’a qu’un seul diviseur, lui-même. Ce n’est pas un caprice de vocabulaire, mais la condition pour que la décomposition de la partie suivante soit unique.Exemples
- est premier : il ne s’écrit que .
- est composé : .
- est composé : .
Protocole — Le crible d'Ératosthène
- Écrire les entiers de à dans un tableau de dix colonnes.
- Barrer , qui n’est pas premier.
- Entourer , puis barrer tous les autres multiples de .
- Recommencer avec le premier nombre non barré suivant : , puis , puis .
- : tout ce qui reste est premier.
Les nombres premiers inférieurs à sont à connaitre :
Formule
, , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , .Méthode 2 — Décider si un nombre est premier
Essayer de le diviser par les nombres premiers successifs , , , , , … et s’arrêter dès que le carré du diviseur essayé dépasse le nombre.Exemple
est-il premier ? Il n’est divisible ni par (il est impair), ni par (), ni par (il ne finit ni par ni par ), ni par (), ni par (). Comme , la recherche s’arrête : est premier.IV - Décomposition en produit de facteurs premiers
Théorème 1 — Théorème fondamental de l'arithmétique
Tout entier supérieur ou égal à s’écrit comme un produit de nombres premiers, et cette écriture est unique à l’ordre des facteurs près.Méthode 3 — Décomposer à la main
- Diviser le nombre par le plus petit nombre premier qui le divise.
- Recommencer avec le quotient obtenu.
- S’arrêter quand le quotient vaut : les diviseurs utilisés sont les facteurs premiers cherchés.
Exemples
Notation
Un facteur répété s’écrit avec un exposant : et .Protocole — Décomposer avec un tableur
- En
A1, écrire le nombre à décomposer. - En
B1, écrire=A1/2, et recopier la formule vers le bas tant que le résultat est entier. - Changer de diviseur dès qu’un résultat n’est plus entier.
- La fonction
=MOD(A1;2)donne le reste : elle vaut exactement quand la division tombe juste.
Protocole — Décomposer avec un programme
Le même travail s’écrit avec une boucle :
d ← 2 |
tant que n > 1 : |
····si le reste de n par d est 0 : |
········afficher d |
········n ← n / d |
····sinon : |
········d ← d + 1 |
V - Fractions égales et fraction irréductible
Propriété 4
Une fraction ne change pas de valeur quand on multiplie, ou quand on divise, son numérateur et son dénominateur par un même nombre non nul :
Définition 4
Une fraction est irréductible lorsque son numérateur et son dénominateur n’ont plus aucun diviseur commun autre que : elle ne peut plus être simplifiée.Méthode 4 — Rendre une fraction irréductible
- Décomposer le numérateur et le dénominateur en produits de facteurs premiers.
- Barrer les facteurs communs aux deux.
- Effectuer les produits restants.
Exemple
Comme et sont premiers, la fraction est irréductible.
Exemple
Remarque
Les critères de divisibilité suffisent souvent : et ont leurs sommes de chiffres divisibles par , donc on peut diviser les deux par sans décomposer complètement.Propriété 5
Deux fractions et sont égales si, et seulement si, .Exemple
donc ces deux fractions sont égales — elles valent toutes deux .
VI - Problèmes de divisibilité
Exemple — Des engrenages
Une roue de dents engrène avec une roue de dents ; un repère est tracé sur chacune, les deux repères se faisant face au départ.
On sait que
Les repères se retrouvent face à face lorsque le nombre de dents passées est à la fois un multiple de et un multiple de .Or
, et aucun multiple commun plus petit n’existe.Donc
La petite roue aura fait tours, la grande tours.Exemple — Une conjonction de phénomènes
Un phare émet un éclat toutes les secondes, un autre toutes les secondes ; ils viennent d’éclairer ensemble.
On sait que
Les éclats coïncident aux instants multiples de et de .Or
et ; le plus petit multiple commun est .Donc
Ils éclaireront de nouveau ensemble au bout d’une minute.Exemple — Un partage
On veut répartir crayons et feutres en lots identiques, sans reste.