Arithmétique : nombres premiers et fractions irréductibles
I - Multiples, diviseurs et division euclidienne
Définition 1
Soient et deux nombres entiers, avec . Dire que est un diviseur de , c’est dire que est un multiple de : il existe un entier tel que .
Remarque
Les deux mots décrivent la même situation, vue des deux côtés : signifie à la fois que est un diviseur de et que est un multiple de .
Exemples
est un diviseur de , car .
est un diviseur de , car .
est un diviseur de , car .
est un diviseur de , car .
Propriété 1
Tout entier non nul admet au moins deux diviseurs : et .
Définition 2
Effectuer la division euclidienne d’un entier par un entier , c’est trouver les deux entiers (le quotient) et (le reste) tels que
La division euclidienne posée : le quotient au-dessous du diviseur, le reste en bas.
Propriété 2
est un diviseur de si, et seulement si, le reste de la division euclidienne de par est nul.
Méthode 1 — Chercher tous les diviseurs d'un entier
Essayer les diviseurs dans l’ordre croissant.
Chaque fois qu’un diviseur convient, noter aussi le diviseur associé : les diviseurs vont par paires.
S’arrêter dès que dépasse : au-delà, on retrouverait les mêmes paires dans l’autre sens.
Exemple — Les diviseurs de 36
.
Comme , la recherche est terminée : les diviseurs de sont , , , , , , , et .
II - Critères de divisibilité par 2, 3, 5, 9 et 10
Propriétés — Critères de divisibilité
Divisible par
Critère
Exemples
le chiffre des unités est , , , ou
la somme des chiffres est divisible par
le chiffre des unités est ou
la somme des chiffres est divisible par
le chiffre des unités est
Remarque
Un nombre divisible par est toujours divisible par , puisque ; la réciproque est fausse, comme le montre . De même, un nombre divisible par est divisible par et par .
Exemple — Un nombre passé au crible des critères
Prenons :
il se termine par , donc il est divisible par , par et par ;
, donc il est divisible par et par .
III - Nombres premiers
Définition 3
Un entier est premier s’il est supérieur ou égal à et s’il n’a que deux diviseurs : et lui-même. Sinon, il est dit composé.
Remarque
n’est pas un nombre premier : il n’a qu’un seul diviseur, lui-même. Ce n’est pas un caprice de vocabulaire, mais la condition pour que la décomposition de la partie suivante soit unique.
Exemples
est premier : il ne s’écrit que .
est composé : .
est composé : .
Protocole — Le crible d'Ératosthène
Écrire les entiers de à dans un tableau de dix colonnes.
Barrer , qui n’est pas premier.
Entourer , puis barrer tous les autres multiples de .
Recommencer avec le premier nombre non barré suivant : , puis , puis .
: tout ce qui reste est premier.
Les multiples de , , et barrés ; il reste les nombres premiers.
Les nombres premiers inférieurs à sont à connaitre :
Formule
, , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , .
Méthode 2 — Décider si un nombre est premier
Essayer de le diviser par les nombres premiers successifs , , , , , … et s’arrêter dès que le carré du diviseur essayé dépasse le nombre.
Exemple
est-il premier ? Il n’est divisible ni par (il est impair), ni par (), ni par (il ne finit ni par ni par ), ni par (), ni par (). Comme , la recherche s’arrête : est premier.
IV - Décomposition en produit de facteurs premiers
Théorème 1 — Théorème fondamental de l'arithmétique
Tout entier supérieur ou égal à s’écrit comme un produit de nombres premiers, et cette écriture est unique à l’ordre des facteurs près.
Méthode 3 — Décomposer à la main
Diviser le nombre par le plus petit nombre premier qui le divise.
Recommencer avec le quotient obtenu.
S’arrêter quand le quotient vaut : les diviseurs utilisés sont les facteurs premiers cherchés.
La décomposition de posée en potence.
La même décomposition présentée en arbre : chaque nombre composé est cassé en deux facteurs.
Exemples
Notation
Un facteur répété s’écrit avec un exposant : et .
Protocole — Décomposer avec un tableur
En A1, écrire le nombre à décomposer.
En B1, écrire =A1/2, et recopier la formule vers le bas tant que le résultat est entier.
Changer de diviseur dès qu’un résultat n’est plus entier.
La fonction =MOD(A1;2) donne le reste : elle vaut exactement quand la division tombe juste.
Protocole — Décomposer avec un programme
Le même travail s’écrit avec une boucle :
d ← 2
tant que n > 1 :
····si le reste de n par d est 0 :
········afficher d
········n ← n / d
····sinon :
········d ← d + 1
V - Fractions égales et fraction irréductible
Propriété 4
Une fraction ne change pas de valeur quand on multiplie, ou quand on divise, son numérateur et son dénominateur par un même nombre non nul :
Deux écritures différentes d’une même fraction.
Définition 4
Une fraction est irréductible lorsque son numérateur et son dénominateur n’ont plus aucun diviseur commun autre que : elle ne peut plus être simplifiée.
Méthode 4 — Rendre une fraction irréductible
Décomposer le numérateur et le dénominateur en produits de facteurs premiers.
Barrer les facteurs communs aux deux.
Effectuer les produits restants.
Exemple
Comme et sont premiers, la fraction est irréductible.
Exemple
Remarque
Les critères de divisibilité suffisent souvent : et ont leurs sommes de chiffres divisibles par , donc on peut diviser les deux par sans décomposer complètement.
Propriété 5
Deux fractions et sont égales si, et seulement si, .
Exemple
donc ces deux fractions sont égales — elles valent toutes deux .
VI - Problèmes de divisibilité
Exemple — Des engrenages
Une roue de dents engrène avec une roue de dents ; un repère est tracé sur chacune, les deux repères se faisant face au départ.
On sait que
Les repères se retrouvent face à face lorsque le nombre de dents passées est à la fois un multiple de et un multiple de .
Or
, et aucun multiple commun plus petit n’existe.
Donc
La petite roue aura fait tours, la grande tours.
Deux roues engrenées : les repères se retrouvent après dents.
Exemple — Une conjonction de phénomènes
Un phare émet un éclat toutes les secondes, un autre toutes les secondes ; ils viennent d’éclairer ensemble.
On sait que
Les éclats coïncident aux instants multiples de et de .
Or
et ; le plus petit multiple commun est .
Donc
Ils éclaireront de nouveau ensemble au bout d’une minute.
Exemple — Un partage
On veut répartir crayons et feutres en lots identiques, sans reste.
On sait que
Le nombre de lots doit être un diviseur commun de et de .
Triangle rectangle : Pythagore, racine carrée et trigonométrie
I - Racine carrée d’un nombre
Définition 1
Le carré d’un nombre est ce nombre multiplié par lui-même. Il se note avec un en exposant : .
Définition 2
Soit un nombre positif. La racine carrée de , notée , est le nombre positif dont le carré vaut :
Remarque
Prendre la racine carrée est l’opération réciproque d’élever au carré, comme soustraire l’est d’additionner. Un nombre négatif n’a pas de racine carrée : aucun carré n’est négatif.
Un carré d’aire a pour côté .
Exemples
, car .
, car .
, car .
et .
Les carrés parfaits de à sont à connaitre par cœur :
Formule
Définition 3
Un nombre entier est un carré parfait lorsque sa racine carrée est un entier.
Méthode 1 — Valeur exacte, valeur approchée
Quand n’est pas un carré parfait, ne s’écrit pas exactement avec des chiffres : on garde comme valeur exacte, et la calculatrice en donne une valeur approchée.
est coincé entre et , puisque .
Exemple
et ; comme , on a . La calculatrice affiche .
Écrire est faux : le signe est obligatoire dès qu’on arrondit.
II - Théorème de Pythagore
Définition 4
Dans un triangle rectangle, l’hypoténuse est le côté opposé à l’angle droit.
Propriété 1
L’hypoténuse est toujours le plus long des trois côtés.
L’hypoténuse se lit sur la figure : c’est le côté qui fait face à l’angle droit, quelle que soit la position du triangle.
Théorème 1 — Théorème de Pythagore
Si un triangle est rectangle, alors le carré de la longueur de son hypoténuse est égal à la somme des carrés des longueurs des deux autres côtés.
Autrement dit, si est rectangle en , alors
Sur un triangle rectangle de côtés et : les carrés construits sur les côtés de l’angle droit totalisent exactement le carré de l’hypoténuse.
Méthode 2 — Calculer l'hypoténuse
Repérer l’angle droit, donc l’hypoténuse.
Écrire l’égalité de Pythagore.
Remplacer par les longueurs connues et calculer les carrés.
Prendre la racine carrée du résultat.
Les deux côtés de l’angle droit sont connus : on cherche l’hypoténuse.
Exemple — Chercher l'hypoténuse
On sait que
est rectangle en , avec cm et cm.
Or
D’après le théorème de Pythagore, .
Donc
Méthode 3 — Calculer un côté de l'angle droit
L’égalité s’écrit toujours dans le même sens, mais c’est une soustraction qui la résout : le carré cherché est celui de l’hypoténuse moins l’autre.
L’hypoténuse et un côté de l’angle droit sont connus : on cherche le troisième côté.
Exemple — Chercher un côté de l'angle droit
On sait que
est rectangle en , avec cm et cm.
Or
D’après le théorème de Pythagore, .
Donc
Remarque
Le résultat n’est pas toujours entier. Pour et : , donc cm.
III - Réciproque du théorème de Pythagore
Théorème 2 — Réciproque du théorème de Pythagore
Si, dans un triangle, le carré de la longueur du plus grand côté est égal à la somme des carrés des longueurs des deux autres, alors ce triangle est rectangle, et son angle droit est opposé au plus grand côté.
Remarque
Le théorème sert à calculer une longueur dans un triangle dont on sait qu’il est rectangle ; sa réciproque sert à démontrer qu’un triangle est rectangle. Ce ne sont pas les mêmes usages.
Méthode 4 — Déterminer la nature d'un triangle
Repérer le plus grand côté.
Calculer son carré d’un côté.
Calculer la somme des carrés des deux autres, de l’autre côté.
Comparer : égalité, le triangle est rectangle ; sinon, il ne l’est pas.
Les trois longueurs sont connues : l’angle droit reste à démontrer.
Exemple — Un triangle rectangle
a pour côtés cm, cm et cm.
On sait que
Le plus grand côté est .
Or
et .
Donc
Ces deux résultats sont égaux : d’après la réciproque du théorème de Pythagore, est rectangle en .
Exemple — Un triangle qui ne l'est pas
a pour côtés cm, cm et cm.
On sait que
Le plus grand côté est .
Or
, tandis que .
Donc
: le triangle n’est pas rectangle.
IV - Cosinus, sinus et tangente d’un angle aigu
Le théorème de Pythagore relie les trois longueurs d’un triangle rectangle. La trigonométrie, elle, relie les longueurs aux angles.
Définitions
Dans un triangle rectangle, chaque angle aigu détermine trois côtés :
l’hypoténuse, toujours la même, opposée à l’angle droit ;
le côté adjacent à l’angle, celui qui le borde ;
le côté opposé à l’angle, celui qui lui fait face.
Les trois côtés vus depuis l’angle en .
La même figure vue depuis l’angle en : adjacent et opposé ont échangé leurs rôles.
« Adjacent » et « opposé » ne sont pas des propriétés du côté, mais du couple formé par le côté et l’angle choisi.
Définitions
Soit un angle aigu d’un triangle rectangle. On pose
Méthode 5 — Retenir les trois quotients
Le moyen mnémotechnique usuel se lit en trois syllabes : CAH — SOH — TOA, soit Cosinus = Adjacent / Hypoténuse, Sinus = Opposé / Hypoténuse, Tangente = Opposé / Adjacent.
Propriétés
Pour tout angle aigu :
Un cosinus supérieur à signale une erreur de calcul.
Remarque
Ces trois nombres ne dépendent que de la mesure de l’angle, pas de la taille du triangle : deux triangles rectangles ayant le même angle aigu ont les mêmes cosinus, sinus et tangente.
V - Calculer une longueur, calculer une mesure d’angle
Méthode 6 — Choisir la bonne ligne trigonométrique
Repérer l’angle sur lequel on travaille, et nommer les trois côtés relativement à lui.
Entourer les deux côtés qui interviennent : celui qu’on connait et celui qu’on cherche.
Choisir le quotient qui met en jeu exactement ces deux côtés.
Exemple — Calculer une longueur
Dans rectangle en , on donne cm et . On cherche .
On sait que
Vu de l’angle en , est le côté adjacent et l’hypoténuse.
Or
.
Donc
cm.
Exemple — Calculer une mesure d'angle
Dans rectangle en , on donne cm et cm. On cherche la mesure de l’angle en .
On sait que
est le côté adjacent à cet angle, est l’hypoténuse.
Or
.
Donc
La touche de la calculatrice donne .
Protocole — Sur la calculatrice
Vérifier que la calculatrice est en mode degré (DEG à l’écran).
Pour une longueur : utiliser les touches cos, sin, tan.
Pour un angle : utiliser les touches cos⁻¹, sin⁻¹, tan⁻¹, souvent accessibles avec la touche 2nde.
VI - Problèmes mêlant Pythagore et trigonométrie
Une échelle de m appuyée contre un mur, faisant un angle de avec le sol.
Exemple — L'échelle
On sait que
Le triangle formé par le sol, le mur et l’échelle est rectangle ; l’échelle en est l’hypoténuse.
Or
et .
Donc
La hauteur atteinte est m, et le pied de l’échelle est à m du mur.
Remarque
Le contrôle de vraisemblance est immédiat : la hauteur atteinte doit être inférieure à la longueur de l’échelle. Une valeur supérieure à m signalerait une erreur de touche.
Exemple — La diagonale d'un rectangle
Un écran rectangulaire mesure cm sur cm.
On sait que
La diagonale est l’hypoténuse d’un triangle rectangle de côtés et .
Or
.
Donc
cm, soit environ pouces.
Exemple — Une rampe d'accès
Une rampe doit franchir une marche de cm de haut avec une pente d’au plus .
On sait que
La hauteur est le côté opposé à l’angle de pente, la longueur de la rampe en est l’hypoténuse.
Or
, donc .
Donc
cm : il faut une rampe d’au moins m.
Méthode 7 — Rédiger une résolution
Toute réponse s’appuie sur trois temps : ce qu’on sait de la figure, la propriété invoquée, puis la conclusion chiffrée avec son unité. Les valeurs approchées gardent le signe et un arrondi annoncé.
Calcul littéral : double distributivité et identités remarquables
I - Structure d’une expression : somme ou produit
Définition 1
La structure d’une expression littérale, c’est la dernière opération qu’on effectuerait pour la calculer : une expression est une somme ou un produit.
Méthode 1 — Reconnaitre la structure
Repérer les parenthèses : ce qu’elles contiennent forme un bloc.
Chercher, hors des parenthèses, l’opération de plus faible priorité.
Une addition ou une soustraction hors parenthèses : c’est une somme. Sinon, c’est un produit.
Exemples
est une somme de deux termes : et .
est un produit de deux facteurs : et .
est un produit.
est une somme.
est une somme de trois termes.
Remarque
Cette lecture commande tout le chapitre : développer, c’est transformer un produit en somme ; factoriser, c’est transformer une somme en produit.
Définition 2
Réduire une expression, c’est l’écrire avec le moins de termes possible, en regroupant les termes semblables — ceux qui ont la même partie littérale.
Exemples
ne se réduit pas : et ne sont pas semblables.
Convention
On n’écrit ni le signe devant une lettre ou une parenthèse, ni le coefficient : s’écrit , et s’écrit .
II - Opposé d’une expression littérale
Définition 3
L’opposé d’une expression est l’expression , celle qu’il faut lui ajouter pour obtenir .
Propriété 1
L’opposé d’une somme s’obtient en changeant le signe de chaque terme :
Exemples
L’opposé de est .
L’opposé de est .
L’opposé de est .
L’erreur la plus fréquente du chapitre consiste à ne changer que le premier signe : vaut , jamais .
Exemple — Supprimer une parenthèse précédée d'un moins
III - Simple distributivité : développer et factoriser
Propriété 2 — Simple distributivité
Pour tous nombres , et :
Lue de gauche à droite, l’égalité développe ; lue de droite à gauche, elle factorise.
Le rectangle de largeur et de longueur se coupe en deux : son aire s’écrit des deux façons.
Exemples — Développer
Méthode 2 — Factoriser avec un facteur commun
Repérer le facteur commun à tous les termes de la somme.
L’écrire devant une parenthèse.
Dans la parenthèse, écrire ce qui reste de chaque terme.
Exemples — Factoriser
, le facteur commun étant la parenthèse .
IV - Double distributivité
Propriété 3 — Double distributivité
Pour tous nombres , , et :
Pour mieux comprendre
Chaque terme de la première parenthèse multiplie chaque terme de la seconde : il y a donc toujours quatre produits à écrire avant de réduire.
Le rectangle de dimensions et se découpe en quatre : une aire par produit.
Exemples
Méthode 3 — Contrôler un développement
Remplacer par un nombre simple, par exemple ou , dans l’expression de départ et dans le résultat : les deux valeurs doivent coïncider.
Exemple
Pour , prenons : à gauche , à droite cohérent.
V - Identités remarquables
Formules — Les trois identités remarquables
: le carré de côté contient , et deux rectangles .
: ce qui reste du carré de côté quand on retire deux bandes — le coin , retiré deux fois, doit être rajouté.
n’est pas : le double produit manque. Pour et : , alors que .
Exemples — Développer
Remarque
La troisième identité fait disparaitre le terme en : c’est la seule dont le développement n’a que deux termes.
VI - Factoriser une expression de la forme
L’équerre , recoupée puis recollée, forme le rectangle .
Méthode 4 — Reconnaitre une différence de deux carrés
Vérifier que l’expression est une soustraction.
Écrire chacun des deux termes comme un carré : et .
Appliquer .
Exemples
Remarque
Une somme de deux carrés, comme , ne se factorise pas de cette façon.
VII - Démontrer par le calcul littéral
Une vérification sur quelques nombres ne prouve rien : la lettre, elle, représente tous les nombres à la fois. C’est ce qui fait du calcul littéral un outil de démonstration.
Méthode 5 — Démontrer une propriété générale
Nommer par une lettre le nombre quelconque de l’énoncé.
Traduire l’énoncé par une expression.
Développer, réduire, factoriser jusqu’à faire apparaitre la forme annoncée.
Exemple — La somme de trois entiers consécutifs
On sait que
Trois entiers consécutifs s’écrivent , et , où est un entier.
Or
Leur somme vaut .
Donc
Cette somme est toujours un multiple de .
Exemple — La différence des carrés de deux entiers consécutifs
On sait que
Deux entiers consécutifs s’écrivent et .
Or
.
Donc
Cette différence est toujours un nombre impair — et c’est même la somme des deux entiers.
Méthode 6 — Démontrer l'équivalence de deux programmes de calcul
Choisir une lettre pour le nombre de départ, la même pour les deux programmes.
Traduire chaque programme par une expression.
Développer et réduire les deux : si l’on obtient la même expression, les programmes donnent toujours le même résultat.
Exemple — Deux programmes
Programme A
Programme B
Choisir un nombre.
Choisir un nombre.
Lui ajouter .
Le multiplier par .
Multiplier le résultat par .
Ajouter au résultat.
Soustraire .
On sait que
Soit le nombre choisi.
Or
Le programme A donne , et le programme B donne .
Donc
: les deux programmes ne donnent jamais le même résultat, ils diffèrent toujours de .
Exemple — Deux programmes équivalents
Programme C : choisir , l’augmenter de , élever au carré, retrancher . Programme D : choisir , l’élever au carré, ajouter fois le nombre choisi.
On sait que
C donne et D donne .
Or
.
Donc
Les deux programmes sont équivalents : ils donnent le même résultat pour tout nombre choisi.
Une étude statistique porte sur une population, dont chaque élément est un individu. On observe sur chacun un caractère, qui prend différentes valeurs.
Définitions
L’effectif d’une valeur est le nombre d’individus qui la présentent.
L’effectif total est le nombre d’individus de la population.
La fréquence d’une valeur est le quotient
Remarque
Une fréquence est un nombre compris entre et ; multipliée par , elle s’exprime en pourcentage. La somme de toutes les fréquences vaut , soit .
Exemple — Les notes d'un contrôle
Note
Total
Effectif
2
5
8
7
3
25
Fréquence
La fréquence de la note vaut , soit des élèves.
Méthode 1 — Retrouver un effectif à partir d'une fréquence
L’effectif est le produit de la fréquence par l’effectif total :
II - Indicateurs de position : moyenne et médiane
Définition 2
La moyenne d’une série est le quotient de la somme de toutes les valeurs par l’effectif total.
Formule — Moyenne d'une série donnée par un tableau d'effectifs
où sont les valeurs et leurs effectifs.
Exemple
Avec le tableau des notes :
Définition 3
La médiane d’une série est une valeur qui partage la série rangée dans l’ordre croissant en deux groupes de même effectif : au moins la moitié des valeurs lui sont inférieures ou égales, au moins la moitié lui sont supérieures ou égales.
Méthode 2 — Déterminer la médiane
Ranger toutes les valeurs dans l’ordre croissant, en répétant celles qui apparaissent plusieurs fois.
Si l’effectif est impair, la médiane est la valeur centrale.
S’il est pair, la médiane est la demi-somme des deux valeurs centrales.
Sept valeurs : la médiane est la quatrième.
Huit valeurs : la médiane est la demi-somme de la quatrième et de la cinquième.
Remarque
Moyenne et médiane ne disent pas la même chose. Une valeur très grande tire la moyenne vers le haut sans déplacer la médiane : sur la série , , , , , la moyenne vaut et la médiane .
Exemple — Interpréter une médiane
La médiane des notes du contrôle est : au moins la moitié de la classe a obtenu ou moins, au moins la moitié a obtenu ou plus.
III - Étendue d’une série
Définition 4
L’étendue d’une série est la différence entre sa plus grande et sa plus petite valeur.
L’étendue se lit aux deux extrémités de la série rangée.
Remarque
L’étendue est un indicateur de dispersion, et non de position : elle dit si les valeurs sont resserrées ou étalées, pas où elles se situent.
Exemple — Deux séries de même moyenne
Série A
Série B
, , , ,
, , , ,
moyenne , étendue
moyenne , étendue
Même moyenne, même médiane, mais des séries très différentes : seule l’étendue le montre.
IV - Regroupement en classes et histogrammes
Quand le caractère prend un grand nombre de valeurs — une taille, une durée, une masse — les lister une à une n’apprend rien. On les regroupe alors en classes.
Définition 5
Une classe est un intervalle de valeurs. Son amplitude est sa largeur. Quand toutes les classes ont la même amplitude, les effectifs sont directement comparables.
Définition 6
Un histogramme représente une série regroupée en classes : à chaque classe correspond un rectangle, dont la largeur est celle de la classe et la hauteur est proportionnelle à l’effectif. Les rectangles sont contigus.
Les tailles de élèves, regroupées en cinq classes de cm.
Un histogramme n’est pas un diagramme en bâtons : les bâtons sont séparés parce que les valeurs sont isolées, les rectangles se touchent parce que les classes se suivent sans trou.
Méthode 3 — Construire un histogramme
Choisir des classes de même amplitude couvrant toutes les valeurs.
Compter l’effectif de chaque classe.
Graduer l’axe horizontal par les bornes des classes.
Tracer un rectangle par classe, de hauteur proportionnelle à l’effectif.
Remarque
Une fois la série regroupée, les valeurs individuelles sont perdues : la moyenne se calcule alors avec le centre de chaque classe, et ne donne qu’une valeur approchée.
V - Lire et interpréter une représentation
Le diagramme en barres : la hauteur de chaque barre est proportionnelle à l’effectif.
Le diagramme circulaire : l’angle de chaque secteur est proportionnel à l’effectif, le tour complet valant .
Méthode 4 — Choisir une représentation
Un diagramme en bâtons convient à un caractère prenant peu de valeurs isolées.
Un diagramme circulaire met en évidence des parts d’un tout.
Un histogramme convient à un caractère regroupé en classes.
Méthode 5 — Lire une série sur un diagramme
Tous les indicateurs se lisent sur n’importe quelle représentation, à condition de reconstituer d’abord le tableau des effectifs : c’est de lui que viennent moyenne, médiane et étendue.
Exemple — Une lecture critique
Un diagramme circulaire montre qu’un candidat obtient un quart des voix ; il ne dit rien du nombre de votants. Un même quart peut représenter voix ou .
VI - Traitement de données à l’aide d’un tableur
Protocole — Les fonctions utiles
Fonction
Ce qu’elle renvoie
=SOMME(B2:B8)
la somme des cellules de la plage
=MOYENNE(B2:B8)
la moyenne des valeurs
=MEDIANE(B2:B8)
la médiane des valeurs
=MAX(B2:B8)-MIN(B2:B8)
l’étendue
=NB(B2:B8)
l’effectif total
Protocole — Calculer des fréquences
Placer les valeurs en colonne A et les effectifs en colonne B.
En B9, écrire =SOMME(B2:B8) pour l’effectif total.
En C2, écrire =B2/$B$9, puis recopier la formule vers le bas.
Le symbole $ fige la cellule B9 pendant la recopie.
Remarque
Pour une série donnée par un tableau d’effectifs, =MOYENNE ne convient pas : il faut écrire =SOMMEPROD(A2:A8;B2:B8)/SOMME(B2:B8), qui multiplie chaque valeur par son effectif.
Une équation est une égalité contenant une lettre, appelée l’inconnue. Une solution est une valeur de l’inconnue qui rend l’égalité vraie ; résoudre l’équation, c’est trouver toutes ses solutions.
Méthode 1 — Tester si un nombre est solution
Calculer séparément le membre de gauche et le membre de droite en remplaçant l’inconnue par ce nombre.
Comparer les deux résultats : égaux, le nombre est solution ; différents, il ne l’est pas.
Exemple
L’équation .
Pour : à gauche , à droite égaux, donc est solution.
Pour : à gauche , à droite différents, donc n’est pas solution.
Méthode 2 — Mettre un problème en équation
Choisir l’inconnue, la nommer et préciser ce qu’elle représente avec son unité.
Traduire l’énoncé par une égalité entre deux expressions.
Résoudre l’équation.
Revenir à la question posée, et contrôler la vraisemblance.
Exemple — Un périmètre
Un rectangle a une longueur qui dépasse sa largeur de cm, et un périmètre de cm.
Soit la largeur, en centimètres. La longueur vaut , et le périmètre , soit .
II - Résolution algébrique d’une équation du premier degré
Propriété 1 — Règles de transformation
Une équation garde les mêmes solutions lorsqu’on :
ajoute ou soustrait un même nombre aux deux membres ;
multiplie ou divise les deux membres par un même nombre non nul.
Pour mieux comprendre
Une équation est une balance en équilibre : tant qu’on agit de la même façon des deux côtés, l’équilibre est conservé.
Les deux plateaux se valent : c’est ce que dit le signe .
Méthode 3 — Résoudre $a x + b = c x + d$
Développer et réduire chaque membre s’il y a des parenthèses.
Rassembler les termes en dans un membre, les nombres dans l’autre.
Réduire les deux membres.
Diviser par le coefficient de .
Vérifier la solution dans l’équation de départ.
Exemple — Une résolution complète
Vérification : et cohérent. L’équation a une seule solution : .
Exemple — Avec des parenthèses
La solution n’est pas entière : on la laisse en écriture fractionnaire.
Remarque
Une équation du premier degré peut n’avoir aucune solution () ou en avoir une infinité (). Dans les deux cas, les termes en disparaissent au cours de la résolution.
III - Équations produits
Propriété 2 — Annulation d'un produit
Un produit de facteurs est nul si, et seulement si, l’un au moins de ses facteurs est nul :
Cette propriété n’a pas d’équivalent pour une autre valeur : de , on ne peut rien conclure sur ni sur .
Définition 2
Une équation produit est une équation dont un membre est un produit de facteurs du premier degré, et l’autre membre .
L’équation se casse en deux équations du premier degré, chacune donnant une solution.
Méthode 4 — Résoudre une équation produit
Vérifier que l’équation est bien de la forme « produit ».
Écrire que le premier facteur est nul ou que le second l’est.
Résoudre chacune de ces équations.
Conclure en donnant toutes les solutions.
Exemple
On sait que
Un produit est nul si l’un de ses facteurs est nul.
Donc
ou , c’est-à-dire ou .
L’équation a deux solutions : et .
Méthode 5 — Se ramener à une équation produit
Lorsque l’équation n’est pas donnée sous forme de produit, il faut d’abord tout ramener dans un membre, puis factoriser — souvent grâce à l’identité .
Exemple — Par une différence de deux carrés
donc ou .
Exemple — Avec un facteur commun
donc ou .
IV - Équations de la forme
Propriété 3
Soit un nombre. L’équation :
n’a aucune solution si ;
a une seule solution, , si ;
a deux solutions, et , si .
Deux nombres opposés ont le même carré : les solutions sont symétriques par rapport à .
Un carré n’étant jamais négatif, l’équation n’a pas de solution.
Oublier la solution négative est l’erreur classique : a deux solutions, et , et non la seule .
Exemples
a pour solutions et .
a pour solutions et , soit environ et .
n’a pas de solution.
s’écrit : les solutions sont et .
Remarque
On peut aussi passer par une équation produit : donne , soit . Les deux méthodes donnent évidemment le même résultat.
V - Résoudre des problèmes
Exemple — Un problème de périmètre
On sait que
Soit la largeur du rectangle, en centimètres : le périmètre s’écrit .
Or
, donc .
Donc
La largeur vaut cm et la longueur cm. Vérification : cohérent.
Exemple — Un problème d'aire
Quel est le côté d’un carré d’aire cm² ?
On sait que
Soit le côté, en centimètres : .
Or
Les solutions de cette équation sont et .
Donc
Une longueur étant positive, le côté mesure cm. La solution négative est écartée par le contexte, non par le calcul.
Résoudre une équation et répondre à un problème sont deux choses différentes : certaines solutions de l’équation peuvent être impossibles dans la situation décrite.
Exemple — Un problème de tarifs
Un club propose deux formules : € d’abonnement puis € la séance, ou € la séance sans abonnement. À partir de combien de séances la première est-elle plus avantageuse ?
On sait que
Soit le nombre de séances : les deux formules coutent le même prix lorsque .
Or
, donc .
Donc
Au-delà de séances, l’abonnement devient plus avantageux.
Exemple — Un problème de physique
Un objet lâché sans vitesse tombe d’une hauteur mètres au bout de secondes. Au bout de combien de temps a-t-il chuté de m ?
I - Le théorème de Thalès dans les triangles emboités
Deux droites sécantes coupées par deux parallèles forment une configuration où toutes les longueurs sont proportionnelles. C’est le contenu du théorème de Thalès.
Les points et sont du même côté de : les triangles et sont emboités.
Théorème 1 — Théorème de Thalès
Soient deux droites sécantes en . Soient et sur la première, et sur la seconde, tous distincts de .
Si les droites et sont parallèles, alors
Les deux premiers quotients se lisent sur la figure : c’est la même fraction du chemin parcouru sur chacune des deux droites. Le troisième quotient, celui des segments parallèles, ne se lit pas de la même façon — il se démontre.
Méthode 1 — Écrire correctement les trois quotients
Repérer le sommet commun .
Sur chaque numérateur, mettre la longueur du petit triangle ; au dénominateur, celle du grand.
Vérifier que chaque quotient met en jeu deux points alignés avec , sauf le troisième, formé des deux segments parallèles.
Remarque
L’ordre des lettres est le garde-fou : et commencent tous deux par , et les points et sont sur la même droite, comme et .
II - La configuration papillon et la réciproque
Les points et sont de l’autre côté de : la figure prend la forme d’un papillon, mais le théorème s’énonce exactement de la même façon.
Propriété 1
Le théorème de Thalès s’applique à l’identique dans la configuration papillon : seule change la position des points sur les droites, pas l’égalité des quotients.
Théorème 2 — Réciproque du théorème de Thalès
Soient deux droites sécantes en , avec et sur la première, et sur la seconde.
Si , et si les points , , d’une part, , , d’autre part, sont dans le même ordre, alors les droites et sont parallèles.
La condition sur l’ordre des points est indispensable : sans elle, on pourrait conclure au parallélisme à partir d’une figure où est du côté de et de l’autre.
Méthode 2 — Démontrer que deux droites sont parallèles
Vérifier l’alignement et l’ordre des points.
Calculer séparément les deux quotients, en écriture décimale ou fractionnaire.
Les comparer : égaux, les droites sont parallèles ; différents, elles ne le sont pas.
Exemple — Deux droites parallèles
, , , , les points étant dans le même ordre.
On sait que
et .
Or
Ces quotients sont égaux et les points sont dans le même ordre.
Donc
D’après la réciproque du théorème de Thalès, et sont parallèles.
Exemple — Deux droites non parallèles
, , , .
On sait que
et .
Or
Ces deux quotients sont différents.
Donc
Les droites et ne sont pas parallèles. Le théorème de Thalès ne s’applique donc pas à cette figure.
III - Calculs de longueurs
cm, cm et cm : le théorème de Thalès donne .
Méthode 3 — Calculer une longueur avec le théorème de Thalès
Vérifier les hypothèses : deux droites sécantes, deux droites parallèles.
Écrire la chaine des trois quotients.
Ne garder que les deux quotients où figure la longueur cherchée.
Résoudre l’égalité obtenue par le produit en croix.
Exemple — Calculer $B C$
On sait que
et sont dans une configuration de Thalès, avec parallèle à ; cm, cm et cm.
Or
D’après le théorème de Thalès, , soit .
Donc
cm.
Remarque
L’attention porte sur la longueur , qui vaut cm et non cm : la figure donne , mais le théorème demande .
Exemple — Un calcul dans la configuration papillon
, , . En papillon comme en emboités, , donc .
Méthode 4 — Mesurer l'inaccessible
La configuration de Thalès permet de calculer une longueur qu’aucun instrument n’atteint : hauteur d’un arbre à partir de son ombre, largeur d’une rivière, distance d’un bâtiment. Il suffit de reconnaitre deux droites sécantes coupées par deux parallèles.
Exemple — La hauteur d'un arbre
Un piquet de m projette une ombre de m au moment où un arbre en projette une de m.
On sait que
Les rayons du soleil sont parallèles : le piquet et l’arbre forment deux triangles emboités de même sommet.
Or
.
Donc
m.
IV - Triangles semblables
Définition 1
Deux triangles sont semblables lorsque leurs angles sont deux à deux de même mesure.
Propriété 2 — Propriété caractéristique
Deux triangles sont semblables si, et seulement si, les longueurs de leurs côtés sont deux à deux proportionnelles.
est un agrandissement de de rapport : mêmes angles, longueurs proportionnelles.
Définition 2
Le rapport de similitude est le coefficient de proportionnalité entre les longueurs des deux triangles.
Remarque
Deux triangles semblables ont la même forme mais pas nécessairement la même taille. Quand le rapport vaut , ils sont superposables : ils sont alors isométriques.
Propriété 3
Comme la somme des angles d’un triangle vaut , il suffit que deux angles soient deux à deux égaux pour que les triangles soient semblables : le troisième l’est alors automatiquement.
V - Démontrer que deux triangles sont semblables
Méthode 5 — Deux voies de démonstration
Par les angles : montrer que deux angles de l’un ont la même mesure que deux angles de l’autre.
Par les longueurs : montrer que les trois quotients des côtés correspondants sont égaux.
Exemple — Par les angles
Dans une configuration de Thalès, étant parallèle à :
On sait que
Les angles et sont correspondants, et les droites et sont parallèles.
Or
Deux angles correspondants formés par des droites parallèles ont la même mesure ; l’angle en est commun aux deux triangles.
Donc
Les triangles et sont semblables.
Exemple — Par les longueurs
a pour côtés , et ; a pour côtés , et .
On sait que
, et .
Or
Les trois quotients sont égaux.
Donc
Les deux triangles sont semblables, de rapport .
Méthode 6 — Déduire une longueur de la similitude
Repérer les sommets qui se correspondent, en s’aidant des angles égaux.
Écrire les quotients des côtés correspondants, dans le même ordre.
Résoudre par le produit en croix.
Exemple — Calculer une longueur
et sont semblables, les sommets se correspondant dans cet ordre. On donne cm, cm et cm.
On sait que
.
Or
.
Donc
cm.
Remarque
Le théorème de Thalès n’est qu’un cas particulier de la similitude : les triangles et y sont toujours semblables. Les deux outils répondent à la même question, celle des longueurs proportionnelles en géométrie.
Notion de fonction : vocabulaire, notations et représentations
I - Dépendance entre deux grandeurs
Beaucoup de situations relient deux grandeurs : le prix payé dépend de la quantité achetée, l’aire d’un carré dépend de son côté, la température dépend de l’heure. À chaque valeur de la première correspond une valeur de la seconde, et une seule.
Définition 1
Une fonction est un procédé qui, à un nombre, associe un seul nombre.
Vocabulaire
Le nombre de départ est la variable ; le nombre associé est son image. Réciproquement, le nombre de départ est un antécédent de son image.
Une fonction se comporte comme une machine : un nombre entre, un seul en sort.
« Un seul » est la condition décisive : un nombre a toujours exactement une image, mais il peut avoir zéro, un ou plusieurs antécédents.
Exemple — Une dépendance qui n'est pas une fonction
Associer à une personne sa taille définit bien une fonction. Associer à une taille une personne n’en définit pas une : plusieurs personnes peuvent avoir la même taille.
II - Notations et vocabulaire
Notation
Une fonction se nomme par une lettre, souvent , ou . On écrit
qui se lit « est la fonction qui à associe ».
Notation
L’image de par se note , qui se lit « de ». Ce n’est pas un produit.
Exemple
Pour :
;
l’image de par est ;
est un antécédent de par .
La même machine, appliquée au nombre .
Image et antécédent ne se rangent pas dans le même sens : dans , le est l’antécédent, le est l’image.
III - Les modes de représentation
Une même fonction peut se donner de quatre façons différentes, qui disent toutes la même chose.
Définitions
Un programme de calcul décrit les opérations à effectuer.
Une expression algébrique traduit ce programme en formule.
Un tableau de valeurs donne les images de quelques nombres.
Une représentation graphique donne toutes les images d’un coup, à la précision de la lecture près.
Exemple — Une fonction, quatre représentations
Représentation
La fonction
Programme de calcul
choisir un nombre, le multiplier par , ajouter
Expression
Tableau de valeurs
Graphique
la courbe des points de coordonnées
Définition 3
La représentation graphique d’une fonction est l’ensemble des points de coordonnées , où parcourt les nombres pour lesquels est définie.
Du tableau de valeurs au graphique : chaque colonne devient un point.
Remarque
Passer d’une représentation à l’autre est l’exercice central du chapitre : du programme à l’expression en nommant le nombre choisi ; de l’expression au tableau en calculant ; du tableau au graphique en plaçant les points.
IV - Déterminer l’image d’un nombre
Méthode 1 — Selon la représentation dont on dispose
Par l’expression : remplacer par le nombre et calculer.
Par le tableau : lire dans la colonne du nombre.
Par le graphique : partir de l’abscisse, monter jusqu’à la courbe, lire l’ordonnée.
Par le programme : exécuter les instructions.
Exemple — Par le calcul
Pour :
;
;
.
Le signe moins se met entre parenthèses avant d’élever au carré : , alors que .
Lecture d’une image : on part de l’axe des abscisses.
V - Déterminer un antécédent
Méthode 2 — Graphiquement
Repérer la valeur cherchée sur l’axe des ordonnées.
Tracer l’horizontale à cette hauteur.
Lire les abscisses de tous ses points d’intersection avec la courbe.
Lecture d’antécédents : on part de l’axe des ordonnées, et il peut y en avoir plusieurs.
Méthode 3 — Dans un tableau de valeurs
Chercher la valeur dans la ligne des images, puis lire le nombre écrit au-dessus. Un tableau ne donne que les antécédents qu’il contient : il ne prouve pas qu’il n’y en a pas d’autres.
Méthode 4 — Algébriquement
Écrire l’équation , où est le nombre dont on cherche les antécédents.
La résoudre.
Chaque solution est un antécédent de .
Exemple — Un antécédent par le calcul
Cherchons les antécédents de par .
On sait que
Il s’agit de résoudre .
Or
, donc .
Donc
a un seul antécédent par : le nombre .
Exemple — Zéro, un ou deux antécédents
Pour :
a deux antécédents, et ;
a un seul antécédent, ;
n’a aucun antécédent.
VI - Modéliser un phénomène continu
Une fonction sert à décrire un phénomène qui varie sans à-coups : une hauteur d’eau, une distance parcourue, une température. On parle alors de modèle : la fonction ne remplace pas la réalité, elle en donne une description utilisable.
Exemple — Le prix d'un trajet en taxi
Une course coute € de prise en charge, plus € par kilomètre.
Le prix en fonction de la distance , en kilomètres, s’écrit
Une course de km coute €. Réciproquement, une course à € correspond à , soit km.
Exemple — L'aire d'un carré
L’aire d’un carré de côté est . Cette fonction n’a de sens que pour : le modèle a un domaine de validité.
Méthode 5 — Résoudre un problème avec une fonction
Repérer les deux grandeurs, et laquelle dépend de l’autre.
Choisir une lettre pour la variable, et écrire la fonction.
Traduire la question : cherche-t-on une image ou un antécédent ?
Répondre en revenant au contexte, avec l’unité.
Remarque
« Quelle est la valeur pour telle donnée ? » demande une image. « Pour quelle donnée obtient-on telle valeur ? » demande un antécédent, donc une équation.
Programmation : variables, boucles et blocs personnalisés
I - Lire et décrire un assemblage de blocs
Définition 1
Un script est une suite d’instructions exécutées dans l’ordre, de haut en bas. Un programme est l’ensemble des scripts d’un projet.
Vocabulaire
Un bloc porte une couleur selon sa catégorie : évènements, mouvement, contrôle, variables, capteurs. La forme dit comment il s’assemble — un bloc en C contient d’autres blocs.
Méthode 1 — Prévoir le résultat d'un script
Lister les variables et noter leur valeur de départ.
Exécuter les instructions une à une, en tenant à jour un tableau des valeurs.
Ne jamais sauter une instruction : l’ordinateur n’en saute aucune.
Exemple — Une trace d'exécution
Pour le script « mettre à ; mettre à ; mettre à ; mettre à » :
Instruction
mettre à
—
mettre à
mettre à
mettre à
II - Variables informatiques
Définition 2
Une variable informatique est une case mémoire, désignée par un nom, qui contient une valeur. Cette valeur peut changer au cours de l’exécution.
L’instruction « mettre à » n’est pas une équation : elle se lit « remplacer le contenu de par sa valeur augmentée de ». Le signe d’affectation va de la droite vers la gauche.
Méthode 2 — Utiliser une variable
La créer et lui donner un nom qui dit son rôle : score, côté, distance.
L’initialiser avant la première utilisation.
La modifier avec « mettre … à … » ou « ajouter … à … ».
Remarque
Oublier l’initialisation est l’erreur la plus fréquente : la variable garde alors la valeur de l’exécution précédente, et le programme ne donne pas deux fois le même résultat.
III - Les boucles
Définition 3
Une boucle bornée « répéter fois » exécute un groupe d’instructions un nombre de fois connu à l’avance.
Définition 4
Une boucle non bornée « répéter jusqu’à ce que … » exécute un groupe d’instructions tant qu’une condition n’est pas réalisée. Le nombre de tours n’est pas connu à l’avance.
Une boucle non bornée : elle s’arrête quand la condition devient vraie.
Si la condition d’arrêt n’est jamais réalisée, le programme tourne indéfiniment. Toute boucle non bornée demande de vérifier que son corps fait progresser vers l’arrêt.
Exemple — Un polygone régulier
Pour tracer un polygone régulier à côtés, on répète fois : avancer de la longueur du côté, puis tourner de degrés. La somme des rotations vaut alors un tour complet.
Méthode 3 — Construire une figure par répétition d'un motif
Isoler le motif élémentaire, celui qui se répète.
L’écrire une fois, en s’assurant qu’il ramène à la position de départ.
L’enfermer dans une boucle, en ajoutant le déplacement ou la rotation qui sépare deux motifs.
IV - Les instructions conditionnelles
Définition 5
Une instruction conditionnelle « si … alors » n’exécute son contenu que lorsque la condition est vraie. La forme « si … alors … sinon » propose deux issues exclusives.
Une boucle bornée contenant un test : à chaque tour, le score n’augmente que si la touche est pressée.
Exemples — Des conditions
si score ⩾ 10 alors dire « gagné »
si la couleur rouge est touchée alors mettre vies à vies − 1
si x < 0 alors dire « négatif » sinon dire « positif ou nul »
Remarque
Une condition est une affirmation qui n’a que deux valeurs possibles : vraie ou fausse. C’est ce qui distingue le test = de l’affectation.
V - Décomposer un problème : le bloc personnalisé
Un programme long devient illisible. La solution est la même qu’en mathématiques : découper le problème en sous-problèmes, et donner un nom à chacun.
Définition 6
Un bloc personnalisé est une suite d’instructions à laquelle on donne un nom. Une fois défini, il s’utilise comme n’importe quel autre bloc, autant de fois que nécessaire.
Le bloc carré est défini une seule fois, avec un paramètre ; le script principal l’appelle six fois pour dessiner une rosace.
Définition 7
Un paramètre est une variable propre au bloc, dont la valeur est fournie au moment de l’appel. C’est lui qui rend le bloc réutilisable.
Méthode 4 — Créer un bloc personnalisé
Repérer un groupe d’instructions qui revient, ou qui a un sens à lui seul.
Lui donner un nom qui dit ce qu’il fait, à l’infinitif ou par un nom d’objet.
Ajouter un paramètre pour ce qui change d’un appel à l’autre.
Remplacer chaque occurrence par un appel au bloc.
Remarque
Un bloc personnalisé rend le programme plus court, plus lisible, et surtout plus facile à corriger : la modification se fait à un seul endroit.
VI - Scripts en parallèle et évènements
Définition 8
Un évènement déclenche un script : le clic sur le drapeau, l’appui sur une touche, la réception d’un message, un contact entre deux objets.
Deux scripts indépendants, déclenchés par deux évènements différents et actifs en même temps.
Définition 9
Deux scripts s’exécutent en parallèle lorsqu’ils avancent tous les deux, chacun à son rythme, sans que l’un attende l’autre.
Exemple — Un jeu simple
Script 1 : quand le drapeau est cliqué, répéter indéfiniment, avancer et rebondir sur les bords.
Script 2 : quand la flèche droite est pressée, tourner de degrés.
Script 3 : quand le lutin touche le bord rouge, jouer un son et arrêter tout.
Les trois cohabitent : le premier fait vivre le jeu, les deux autres réagissent aux actions du joueur.
Méthode 5 — Faire communiquer deux scripts
Par un message : un script envoie « partie perdue », un autre réagit à sa réception.
Par une variable partagée : un script met vies à , un autre teste si vies = 0 alors.
Remarque
Le parallélisme rend les erreurs plus difficiles à trouver : deux scripts qui modifient la même variable peuvent se gêner. Une variable ne devrait être modifiée que par un seul script.
Une expérience aléatoire est une expérience dont on connait tous les résultats possibles, sans pouvoir prévoir lequel se produira.
Vocabulaire
Chaque résultat possible est une issue. L’ensemble des issues s’appelle l’univers de l’expérience.
Exemples
Lancer un dé à six faces : six issues, à .
Lancer une pièce : deux issues, pile et face.
Tirer une carte dans un jeu de : trente-deux issues.
Définition 2
Un évènement est un ensemble d’issues, décrit par une phrase. Il est réalisé lorsque l’issue obtenue lui appartient.
Exemple
Avec un dé, l’évènement « obtenir un nombre pair » regroupe les issues , et .
Définition 3
L’évènement contraire d’un évènement , noté « non », est l’évènement réalisé exactement quand ne l’est pas.
Propriété 1
Remarque
Le contraire de « obtenir au moins un six » est « n’obtenir aucun six », et non « obtenir au plus un six ». Écrire le contraire demande de la précision.
II - Calculer une probabilité par dénombrement
Définition 4
La probabilité d’un évènement est un nombre compris entre et qui mesure la chance qu’il se réalise.
Une probabilité se place entre (impossible) et (certain).
Définition 5
Une situation est équiprobable lorsque toutes les issues ont la même probabilité.
Des secteurs de même angle : toutes les issues ont la même probabilité.
Formule — Dans une situation équiprobable
Exemples
Avec un dé équilibré, .
.
: l’évènement est certain.
: l’évènement est impossible.
Méthode 1 — Calculer une probabilité
Vérifier que la situation est équiprobable.
Compter toutes les issues possibles.
Compter celles qui réalisent l’évènement.
Écrire le quotient, puis le simplifier.
Exemple — Par l'évènement contraire
Dans une urne de boules dont sont rouges, la probabilité de ne pas tirer de rouge vaut
III - Expériences à deux épreuves
Lorsque l’expérience comporte deux épreuves — deux dés, deux tirages, une pièce puis un dé — chaque issue est un couple de résultats. Un tableau à double entrée les liste tous.
Les issues du lancer de deux dés, avec la somme obtenue dans chaque case.
Méthode 2 — Dénombrer avec un tableau à double entrée
Porter les issues de la première épreuve en colonnes, celles de la seconde en lignes.
Remplir chaque case avec le résultat correspondant.
Compter les cases favorables : le total des cases est le nombre d’issues.
Les cases sont équiprobables, mais pas les sommes : la somme s’obtient de six façons, la somme d’une seule.
Exemple — La somme de deux dés
On sait que
Le tableau compte issues équiprobables.
Or
Six d’entre elles donnent une somme égale à .
Donc
.
L’évènement « la somme dépasse » : les cases favorables se lisent en bloc.
Exemple — Deux tirages successifs
Une urne contient une boule rouge, une verte et une bleue ; on tire deux boules l’une après l’autre, en remettant la première.
Le tableau à double entrée compte issues. L’évènement « les deux boules sont de la même couleur » en regroupe , donc sa probabilité vaut .
IV - Simulation
Définition 6
Simuler une expérience aléatoire, c’est la reproduire par un programme ou un tableur, afin de l’observer un grand nombre de fois.
Protocole — Sur un tableur
En A1, écrire =ALEA.ENTRE.BORNES(1;6) pour simuler un lancer de dé.
Recopier la formule sur lignes.
En C1, écrire =NB.SI(A1:A1000;6) pour compter les six obtenus.
Diviser par : on obtient la fréquence du six.
La touche F9 recalcule tout et donne une nouvelle simulation.
Protocole — Avec un logiciel de programmation
mettre succès à 0
répéter 1000 fois :
····mettre dé à nombre aléatoire entre 1 et 6
····si dé = 6 alors ajouter 1 à succès
dire succès / 1000
Remarque
Deux exécutions d’une même simulation ne donnent pas le même résultat : c’est normal, et c’est même le propre du hasard. Ce qui se reproduit, c’est l’ordre de grandeur.
V - Stabilisation des fréquences
Propriété 2 — Loi des grands nombres
Lorsqu’on répète un grand nombre de fois une expérience aléatoire, la fréquence d’un évènement se rapproche de sa probabilité.
La fréquence de « pile » oscille beaucoup au début, puis se stabilise autour de .
Méthode 3 — Interpréter une simulation
Sur un petit nombre de lancers, la fréquence peut s’écarter beaucoup de la probabilité : ce n’est pas une anomalie.
Plus le nombre de lancers augmente, plus l’écart se réduit.
Une fréquence n’est jamais une preuve : elle donne une estimation.
La loi des grands nombres ne dit rien du prochain lancer. Après cinq piles d’affilée, la probabilité d’obtenir pile reste : la pièce n’a pas de mémoire.
Exemple — Estimer une probabilité inconnue
Une punaise lancée fois retombe pointe en l’air fois. La fréquence vaut : on peut estimer que la probabilité de cet évènement est proche de .
Ici la simulation est le seul outil disponible : aucune symétrie ne permet de calculer cette probabilité par dénombrement.
I - Symétries et translation : les propriétés de conservation
Définitions
La symétrie axiale d’axe associe à un point le point tel que soit la médiatrice de .
La symétrie centrale de centre associe à le point tel que soit le milieu de .
La translation fait glisser toute la figure d’une même distance, dans une même direction et un même sens.
La symétrie axiale : le pliage le long de l’axe amène sur .
La symétrie centrale : un demi-tour autour du centre.
La translation : le même déplacement répété, sans rotation ni retournement.
Propriétés — Ce que ces transformations conservent
Symétries et translation conservent :
les longueurs ;
les mesures d’angles ;
les aires ;
l’alignement, le parallélisme et les milieux.
Remarque
La figure image a donc exactement la même forme et la même taille que la figure de départ : ces transformations ne déforment rien. La symétrie axiale est la seule des trois à inverser le sens de parcours de la figure.
II - La rotation
Définition 2
La rotation de centre , d’angle et de sens donné associe à tout point différent de le point tel que
l’angle étant compté dans le sens choisi. Le point est sa propre image.
L’image d’un point : il reste à la même distance du centre, après un quart, un tiers ou une autre fraction de tour.
Vocabulaire
Le sens direct est celui inverse des aiguilles d’une montre ; le sens indirect est celui des aiguilles.
Le même angle, les deux sens : les images sont différentes.
Une rotation n’est complètement définie que par ses trois données : centre, angle et sens. En omettre une rend la construction impossible.
L’image d’une figure s’obtient en construisant l’image de chacun de ses points caractéristiques.
Remarque
La symétrie centrale de centre n’est rien d’autre que la rotation de centre et d’angle : le sens n’a alors pas d’importance.
III - Effet d’une rotation sur les grandeurs
Propriétés
Une rotation conserve :
les longueurs, donc les périmètres ;
les mesures d’angles ;
les aires ;
l’alignement, le parallélisme et les milieux.
L’image d’un segment est un segment de même longueur, l’image d’un cercle un cercle de même rayon, l’image d’un triangle un triangle superposable.
Méthode 1 — Déterminer une longueur ou un angle
Reconnaitre que la figure cherchée est l’image d’une figure connue par une rotation, puis invoquer la conservation : la grandeur cherchée est égale à celle de la figure de départ.
Exemple
est l’image de par une rotation de centre et d’angle . On donne cm, et une aire de cm².
On sait que
Une rotation conserve longueurs, angles et aires.
Donc
cm, , et l’aire de vaut cm².
Remarque
Le seul changement est la position de la figure. C’est ce qui distingue les rotations des agrandissements et des réductions, étudiés au chapitre suivant.
IV - Reconnaitre des rotations dans les frises, pavages et rosaces
Définitions
Une frise est un motif répété le long d’une bande.
Un pavage recouvre tout le plan, sans trou ni recouvrement.
Une rosace s’obtient en tournant un motif autour d’un point.
Une rosace : six exemplaires du même motif, tournés de à chaque fois.
Méthode 2 — Trouver l'angle d'une rosace
Si le motif se répète fois autour du centre, l’angle de la rotation vaut
Exemples
Un motif répété fois : rotation de .
Un motif répété fois : rotation de .
Un motif répété fois : rotation de .
Un pavage engendré par deux translations : chaque tuile est l’image d’une autre.
Méthode 3 — Identifier la transformation
Repérer le motif élémentaire, le plus petit qui se répète.
Comparer deux exemplaires voisins : ont-ils la même orientation ?
Même orientation, glissement simple : c’est une translation.
Orientation tournée autour d’un point fixe : c’est une rotation.
Figure retournée : c’est une symétrie.
V - Constructions
Protocole — Construire à la main l'image d'un point
Tracer la demi-droite .
Reporter au compas la longueur sur un arc de centre .
Au rapporteur, construire l’angle à partir de , dans le sens demandé.
est l’intersection de l’arc et du second côté de l’angle.
Protocole — Construire l'image d'une figure
Construire l’image de chaque sommet.
Relier les images dans le même ordre que la figure de départ.
Contrôler : les longueurs doivent être conservées.
Protocole — Avec un logiciel de géométrie dynamique
Placer le centre de rotation.
Sélectionner l’outil « rotation », puis la figure et le centre.
Saisir l’angle, en précisant le sens.
Déplacer un point de la figure de départ : l’image suit, ce qui permet de conjecturer les propriétés de conservation.
Remarque
Sur un quadrillage, la construction se simplifie beaucoup pour les angles de et de : les déplacements se comptent en carreaux, en échangeant les rôles des deux directions.
Proportionnalité, fonctions linéaires et pourcentages d'évolution
I - Situations de proportionnalité
Définition 1
Deux grandeurs sont proportionnelles lorsqu’on passe de l’une à l’autre en multipliant toujours par le même nombre, appelé coefficient de proportionnalité.
Un tableau de proportionnalité : le même coefficient relie chaque colonne.
Méthode 1 — Reconnaitre une situation de proportionnalité
Calculer le quotient de la seconde grandeur par la première, pour chaque couple de valeurs.
Tous les quotients égaux : il y a proportionnalité, et ce quotient est le coefficient.
Un seul quotient différent suffit à conclure qu’il n’y en a pas.
Exemple
Masse (kg)
Prix (€)
, , : le prix est proportionnel à la masse, au tarif de € par kilogramme.
Définition 2
La quatrième proportionnelle est la valeur manquante d’un tableau de proportionnalité dont on connait trois valeurs.
Méthode 2 — Trois façons de la calculer
Par le coefficient : le calculer, puis multiplier.
Par le produit en croix : de , on tire .
Par la linéarité : additionner ou multiplier des colonnes connues.
Exemple
Si kg coutent €, combien coutent kg ?
II - La fonction linéaire
Définition 3
Une fonction linéaire est une fonction de la forme
où est un nombre fixé, appelé le coefficient de la fonction.
Propriété 1
Une situation est de proportionnalité si, et seulement si, elle se modélise par une fonction linéaire. Le coefficient de la fonction est alors le coefficient de proportionnalité.
Exemple
Le prix de la masse achetée s’écrit . Une masse de kg coute €.
Propriété 2
Une fonction linéaire vérifie toujours , et
pour tout nombre : doubler l’antécédent double l’image.
Méthode 3 — Déterminer une fonction linéaire
Il suffit de connaitre l’image d’un seul nombre non nul : si , alors .
Exemple
Une fonction linéaire vérifie . Alors , donc .
III - Représentation graphique
Propriété 3
La représentation graphique d’une fonction linéaire est une droite passant par l’origine du repère.
Réciproquement, toute droite passant par l’origine, autre que l’axe des ordonnées, représente une fonction linéaire.
Trois fonctions linéaires : la droite est d’autant plus « penchée » que est grand, et elle descend quand est négatif.
Méthode 4 — Tracer la droite
L’origine appartient toujours à la droite : c’est un premier point.
Calculer l’image d’un nombre bien choisi, par exemple ou .
Placer ce second point, et tracer la droite.
Lire le coefficient : en avançant de , on monte de .
Méthode 5 — Lire le coefficient sur un graphique
Partir de l’origine, avancer de vers la droite, puis mesurer la montée : cette montée est le coefficient. Une descente donne un coefficient négatif.
Reconnaitre une proportionnalité sur un graphique se résume à deux conditions : les points sont alignés, et cette droite passe par l’origine. Une droite qui ne passe pas par l’origine n’est pas une situation de proportionnalité.
IV - Pourcentage d’évolution et coefficient multiplicateur
Définition 4
Augmenter une valeur de , c’est la multiplier par ; la diminuer de , c’est la multiplier par . Ce nombre est le coefficient multiplicateur de l’évolution.
Exemples
correspond à .
correspond à .
correspond à .
correspond à .
Méthode 6 — Retrouver le taux à partir du coefficient
Un coefficient correspond à une évolution de
positive si , négative si .
Exemple
Une multiplication par correspond à une hausse de ; une multiplication par à une baisse de .
Propriété 4 — Évolutions successives
Enchainer deux évolutions revient à multiplier leurs coefficients. Le taux global n’est pas la somme des taux.
Une hausse puis une baisse du même pourcentage : la valeur finale est inférieure à la valeur initiale.
Exemple — Hausse puis baisse
On sait que
Un article à € augmente de , puis baisse de .
Or
.
Donc
Le prix final est €, soit une baisse globale de — et non un retour au prix de départ.
Une hausse de suivie d’une baisse de ne se compense pas : la baisse porte sur une valeur plus grande que la hausse.
Exemple — Appliquer une évolution
Un loyer de € augmente de :
V - Proportionnalité en géométrie
La proportionnalité ne concerne pas que les prix : elle est au cœur de toute la géométrie des configurations.
Propriété 5
Dans une configuration de Thalès, les longueurs des deux triangles sont proportionnelles : le coefficient est le rapport .
Les longueurs du petit triangle et celles du grand forment un tableau de proportionnalité.
Exemple
Avec , et :
petit triangle
grand triangle
sur la première droite
segment parallèle
Le coefficient vaut , donc .
Propriété 6
Deux triangles semblables ont leurs longueurs proportionnelles : le rapport de similitude est un coefficient de proportionnalité.
Méthode 7 — Reconnaitre une proportionnalité géométrique
Chercher, dans la figure, deux triangles de même forme : configuration de Thalès, triangles semblables, agrandissement ou réduction. Les longueurs correspondantes forment alors un tableau de proportionnalité.
Homothéties, agrandissement-réduction et effet sur les grandeurs
I - Agrandissement et réduction
Définition 1
Une figure est un agrandissement ou une réduction d’une autre lorsque toutes ses longueurs sont obtenues en multipliant celles de la première par un même nombre , appelé le rapport.
Remarque
Agrandissement quand , réduction quand , figure superposable quand . Les angles, eux, ne changent jamais.
Propriétés — Effet sur les grandeurs
Dans un agrandissement ou une réduction de rapport :
les longueurs sont multipliées par ;
les aires sont multipliées par ;
les volumes sont multipliés par .
En doublant le côté, l’aire est multipliée par : quatre carrés de côté tiennent dans un carré de côté .
Pour mieux comprendre
L’aire est un produit de deux longueurs, chacune multipliée par : d’où . Le volume est un produit de trois longueurs : d’où .
Exemple — Une maquette
Une maquette est à l’échelle d’un bâtiment.
Une hauteur de cm sur la maquette correspond à cm, soit m.
Une façade de cm² sur la maquette correspond à cm², soit m².
Un volume de L sur la maquette correspond à L, soit m³.
L’erreur la plus fréquente consiste à multiplier une aire par au lieu de . Doubler les dimensions d’une pièce ne double pas sa surface : il la quadruple.
II - L’homothétie
Définition 2
Soit un point et un nombre non nul. L’homothétie de centre et de rapport associe à tout point le point de la droite tel que
étant du même côté que si , et de l’autre côté si .
Une homothétie de rapport : chaque point s’éloigne de , deux fois plus loin, sur la même demi-droite.
Un rapport compris entre et rapproche les points de : c’est une réduction.
Méthode 1 — Construire l'image d'une figure
Tracer les droites reliant à chaque sommet.
Reporter sur chacune la longueur multipliée par , du bon côté de .
Relier les images dans le même ordre.
III - Rapport positif, rapport négatif
Un rapport négatif : l’image passe de l’autre côté du centre, et la figure se retrouve retournée.
Propriété 2
L’homothétie de centre et de rapport est exactement la symétrie centrale de centre .
Remarque
Le signe du rapport ne change ni les longueurs ni les aires : seul intervient dans les calculs de grandeurs. Il ne change que la position de l’image.
IV - Propriétés de conservation et lien avec Thalès
Propriétés
Une homothétie de rapport :
multiplie les longueurs par ;
conserve les mesures d’angles ;
conserve l’alignement, le parallélisme et les milieux ;
transforme une droite en une droite qui lui est parallèle.
C’est la différence essentielle avec les symétries, la translation et la rotation : celles-ci conservent les longueurs, l’homothétie les multiplie. Une homothétie déforme la taille, jamais la forme.
Propriété 4 — Lien avec le théorème de Thalès
Si et sont les images de et par l’homothétie de centre et de rapport , alors est parallèle à et
On retrouve exactement la configuration du théorème de Thalès, de sommet .
Remarque
Le théorème de Thalès et l’homothétie disent donc la même chose, sous deux points de vue : l’un parle de quotients de longueurs, l’autre d’une transformation du plan.
V - Calculs dans une homothétie de rapport
Méthode 2 — Calculer une grandeur de l'image
Identifier le rapport de l’homothétie ou de l’agrandissement.
Multiplier par pour une longueur, par pour une aire, par pour un volume.
Exemple — Longueur, aire et volume
Un solide de hauteur cm, d’aire latérale cm² et de volume cm³ subit une homothétie de rapport .
On sait que
Les longueurs sont multipliées par , les aires par et les volumes par .
Donc
La hauteur devient cm, l’aire cm², et le volume cm³.
Exemple — Retrouver le rapport
Deux figures semblables ont des aires de cm² et cm².
On sait que
.
Or
, donc .
Donc
Les longueurs de la seconde valent de celles de la première.
Exemple — Une réduction
Un cône de volume cm³ est réduit dans le rapport . Son volume devient
VI - Identifier des homothéties dans une frise, un pavage, une rosace
Méthode 3 — Reconnaitre une homothétie
Comparer deux exemplaires du motif : sont-ils de la même taille ?
Tailles différentes mais même forme : il y a un agrandissement ou une réduction.
Relier les points correspondants : si toutes ces droites se coupent en un même point, ce point est le centre de l’homothétie.
Le rapport se lit sur le quotient de deux longueurs correspondantes.
Dans une rosace, les motifs ont tous la même taille : la transformation en jeu est une rotation, pas une homothétie.
Exemple — Une spirale de motifs
Certaines rosaces combinent une rotation et une homothétie de même centre : le motif tourne et rétrécit à chaque étape. Le rapport se lit alors sur deux motifs consécutifs, l’angle sur leur inclinaison.
Remarque
Frises, pavages et rosaces se décrivent tous à l’aide de quatre transformations : translation, symétrie axiale, symétrie centrale et rotation — auxquelles l’homothétie ajoute le changement d’échelle.
est le coefficient directeur de la fonction, son ordonnée à l’origine.
Exemples
est affine, avec et .
est affine, avec et .
est affine, avec : c’est aussi une fonction linéaire.
est affine, avec : c’est une fonction constante.
n’est pas affine.
Remarque
Les fonctions linéaires sont donc les fonctions affines dont l’ordonnée à l’origine est nulle. Toute fonction linéaire est affine ; la réciproque est fausse.
Propriété 1
Pour toute fonction affine, : l’ordonnée à l’origine est l’image de .
II - Représentation graphique
Propriété 2
La représentation graphique d’une fonction affine est une droite. Elle coupe l’axe des ordonnées au point de coordonnées .
Réciproquement, toute droite non parallèle à l’axe des ordonnées est la représentation d’une fonction affine.
La droite de : elle coupe l’axe des ordonnées en , et monte de quand on avance de .
Méthode 1 — Tracer la droite à partir de deux points
Choisir deux valeurs de éloignées, par exemple et .
Calculer leurs images.
Placer les deux points obtenus.
Tracer la droite qui les joint, puis contrôler avec un troisième point.
Exemple
Pour : et . On place et , et on trace.
Remarque
Deux points suffisent, mais un troisième sert de vérification : s’il n’est pas aligné, c’est qu’un calcul est faux.
III - Interpréter les paramètres
Propriétés
Le signe de donne le sens de variation : la droite monte si , descend si , est horizontale si .
La valeur absolue de donne l’inclinaison : plus est grand, plus la droite est raide.
donne la hauteur à laquelle la droite coupe l’axe des ordonnées.
Trois allures : coefficient directeur positif, négatif et nul.
Méthode 2 — Lire $a$ et $b$ sur un graphique
Lire : c’est l’ordonnée du point d’intersection avec l’axe des ordonnées.
Partir d’un point de la droite à coordonnées entières, avancer de vers la droite, et mesurer la montée : c’est .
Une descente donne un négatif.
Formule — Coefficient directeur à partir de deux points
Si la droite passe par et , avec , alors
Exemple
Une droite passe par et :
Comme , on a , donc : la fonction est .
IV - Image et antécédent
Méthode 3 — Déterminer une image
Remplacer par le nombre dans l’expression , et calculer.
Exemple
Pour : et .
Méthode 4 — Déterminer un antécédent
Écrire l’équation .
La résoudre : , avec .
Exemple
Cherchons l’antécédent de par .
On sait que
Il s’agit de résoudre .
Or
, donc .
Donc
L’antécédent de par est .
Propriété 4
Une fonction affine avec associe à chaque nombre un unique antécédent : la droite coupe toute horizontale en exactement un point.
Remarque
Si , la fonction est constante : a une infinité d’antécédents, et tout autre nombre n’en a aucun.
V - Résoudre des problèmes
Méthode 5 — Modéliser par une fonction affine
Une situation se modélise par une fonction affine dès qu’elle comporte une part fixe et une part proportionnelle : est la part fixe, le tarif unitaire.
Exemple — Deux tarifs
Un club propose deux formules :
formule A : € d’abonnement, puis € la séance ;
formule B : € la séance, sans abonnement.
On sait que
Ces tarifs se modélisent par , affine, et , linéaire.
Or
Les deux formules coutent le même prix lorsque , soit .
Donc
Jusqu’à séances, la formule B est la moins chère ; au-delà, c’est la formule A.
Méthode 6 — Résolution graphique
Tracer les deux droites dans un même repère.
Le point d’intersection donne la valeur pour laquelle les deux modèles coïncident.
Comparer les positions relatives des droites de part et d’autre de ce point.
Une lecture graphique donne une valeur approchée ; le calcul algébrique donne la valeur exacte. Les deux se complètent : le graphique montre, l’équation prouve.
Exemple — Un remplissage
Un réservoir contient déjà L, et on le remplit à raison de L par minute.
Le volume s’écrit , en litres, où est la durée en minutes.
Au bout de minutes : L.
Pour atteindre L : , donc minutes.
Exemple — Une conversion
La conversion des degrés Celsius en degrés Fahrenheit est affine :
Ainsi C valent F, et C valent F. Réciproquement, donne C.
Puissances, notation scientifique et ordres de grandeur
I - Puissances d’un nombre
Définition 1
Soit un nombre et un entier supérieur ou égal à . La puissance est le produit de facteurs égaux à :
Vocabulaire
est la base, l’exposant. On lit « exposant ». Pour on dit « au carré », pour « au cube ».
Le carré d’un nombre, vu comme l’aire d’un carré.
Le cube d’un nombre, vu comme le volume d’un cube.
Définitions
Pour :
Remarque
L’exposant négatif ne rend pas le résultat négatif : est positif. Un exposant négatif signale un inverse, pas un signe.
Exemples
et
et
Les parenthèses sont décisives : alors que , car l’exposant ne porte alors que sur le .
Propriété 1
Le signe de pour dépend de la parité de : positif si est pair, négatif si est impair.
II - Simplifier un produit, un quotient
Formules — Règles de calcul sur les puissances
Pour et , et pour tous entiers et :
Ces règles ne valent que pour une même base. L’expression se simplifie en , mais ne se simplifie pas.
Exemples
Méthode 1 — Simplifier une expression
Regrouper les puissances de même base.
Appliquer les règles pour n’avoir qu’un exposant par base.
Écrire le résultat sans exposant négatif si l’énoncé le demande.
Exemple
III - Puissances de 10 et préfixes
Propriété 2
Pour tout entier positif :
Exemples
Les préfixes usuels, de nano à giga : chaque étape multiplie par mille.
Formule — Les préfixes du système international
nano
micro
milli
—
kilo
méga
giga
téra
Exemples
km m ; mm m.
Go octets ; µm m.
MW W.
IV - Notation scientifique
Définition 3
L’écriture scientifique d’un nombre décimal non nul est son écriture sous la forme
où est un entier relatif et où est un décimal tel que : il n’y a donc qu’un seul chiffre, non nul, avant la virgule.
Méthode 2 — Écrire un nombre en notation scientifique
Placer la virgule juste après le premier chiffre non nul.
Compter de combien de rangs la virgule a été déplacée.
Vers la gauche : exposant positif ; vers la droite : exposant négatif.
Exemples
vaut bien , mais ce n’est pas l’écriture scientifique : est supérieur à .
Méthode 3 — Comparer deux nombres en notation scientifique
Comparer d’abord les exposants : le plus grand exposant l’emporte, pour des nombres positifs.
À exposants égaux, comparer les nombres .
Exemple
, car , même si .
Définition 4
L’ordre de grandeur d’un nombre est la puissance de la plus proche de ce nombre : on arrondit à l’unité dans son écriture scientifique.
Quelques ordres de grandeur, de l’atome à la distance Terre-Lune.
Exemples
: ordre de grandeur .
: ordre de grandeur .
La population mondiale, environ personnes.
Méthode 4 — Estimer un résultat
Remplacer chaque nombre par son ordre de grandeur, puis calculer : le résultat obtenu sert à contrôler l’ordre de grandeur du calcul exact.
V - Problèmes
Exemple — En physique : la vitesse de la lumière
La lumière parcourt m en une seconde. Quelle distance parcourt-elle en une année, sachant qu’une année compte environ secondes ?
On sait que
La distance est le produit de la vitesse par la durée.
Or
.
Donc
Une année-lumière vaut environ m, soit près de dix mille milliards de kilomètres.
Exemple — En chimie : le nombre d'Avogadro
Une mole contient entités. Combien d’atomes dans mole ?
Exemple — En informatique : les unités de stockage
Un disque de To contient octets. Combien de fichiers de Mo peut-il stocker ?
soit fichiers.
Exemple — En sciences de la vie : une échelle
Une bactérie mesure environ µm, soit m, et un cheveu m de diamètre.
le diamètre d’un cheveu vaut environ cinquante bactéries mises bout à bout.
Méthode 5 — Contrôler la cohérence d'un résultat
Un calcul avec des puissances se vérifie en deux temps : le chiffre doit rester entre et , et l’exposant doit s’obtenir par une addition ou une soustraction d’exposants — jamais par un produit.
Grandeurs composées, volumes et conversions d'unités
I - Volume de la boule et formules du cycle
Définitions
Une sphère de centre et de rayon est l’ensemble des points situés à la distance de : c’est une surface. La boule est le solide plein qu’elle délimite.
La boule de centre et de rayon .
Formules — Sphère et boule
Formules — Les volumes du cycle
Solide
Volume
Cube d’arête
Pavé droit
Prisme droit
Cylindre de révolution
Pyramide
Cône de révolution
Boule
Remarque
Les trois familles se retiennent ensemble : les solides « droits » ont un volume « base hauteur », les solides « pointus » en ont le tiers, et la boule fait bande à part.
Exemple
Une boule de rayon cm a pour volume
La valeur exacte s’écrit avec ; la valeur approchée s’obtient à la calculatrice, en précisant l’arrondi. Les deux réponses sont acceptables, mais elles ne s’écrivent pas de la même façon.
II - Volumes d’assemblages
Méthode 1 — Calculer le volume d'un solide composé
Décomposer le solide en solides usuels.
Repérer les dimensions de chacun, en vérifiant qu’elles sont dans la même unité.
Calculer chaque volume séparément.
Additionner — ou soustraire, si un solide est creusé dans un autre.
Un cylindre surmonté d’un cône : le volume total est la somme des deux.
Exemple — Un silo
Un silo est formé d’un cylindre de rayon m et de hauteur m, surmonté d’un cône de même rayon et de hauteur m.
On sait que
Le volume total est la somme des deux volumes.
Or
et .
Donc
m³, soit environ litres.
Exemple — Un solide creusé
Dans un cube d’arête cm, on perce un cylindre de rayon cm traversant le cube de part en part.
III - Grandeurs produits et grandeurs quotients
Définition 2
Une grandeur composée s’obtient en multipliant ou en divisant deux grandeurs. Son unité se construit de la même façon.
Exemples — Des grandeurs quotients
Une vitesse est une distance divisée par une durée : km/h, m/s.
Un débit est un volume divisé par une durée : L/min, m³/s.
Une masse volumique est une masse divisée par un volume : kg/m³, g/cm³.
Une concentration est une masse divisée par un volume : g/L.
Exemples — Des grandeurs produits
Une énergie est une puissance multipliée par une durée : le kilowattheure, kW·h.
Une aire est un produit de deux longueurs : le mètre carré.
Formules
Méthode 2 — Utiliser une grandeur composée
Écrire la formule qui la définit.
Vérifier que les unités des données correspondent à celle de la grandeur.
Convertir si nécessaire avant de calculer.
Donner le résultat avec son unité.
Exemple — Une vitesse moyenne
Un cycliste parcourt km en h min.
On sait que
h min h.
Or
.
Donc
km/h.
h min ne vaut pas h : les durées ne sont pas décimales. Il faut convertir en heures décimales avant tout calcul.
Exemple — Une masse volumique
Un bloc de kg occupe dm³.
c’est de l’aluminium.
IV - Conversions d’unités de volume
Propriété 1
Un rapport sur les longueurs donne un rapport sur les aires et sur les volumes. Pour les unités décimales, vaut :
Le cube d’arête dm contient dix rangées de dix piles de dix cubes d’arête cm.
Formules — Les équivalences à connaitre
Exemples
m³ cm³ cm³.
cm³ L.
m³ dm³ L.
Méthode 3 — Convertir un volume
Écrire le rapport entre les deux unités de longueur, comme puissance de .
L’élever au cube.
Multiplier ou diviser par ce facteur.
Remarque
Le tableau de conversion des volumes comporte trois colonnes par unité, contre deux pour les aires et une pour les longueurs. C’est la traduction, en colonnes, des exposants , et .
V - Conversions sur les grandeurs composées
Méthode 4 — Convertir une grandeur composée
Convertir séparément le numérateur et le dénominateur, puis effectuer le quotient.
Exemple — Des km/h aux m/s
On sait que
km m et h s.
Or
Donc
km/h m/s. Le facteur de conversion est : on divise par pour passer des km/h aux m/s.
Exemple — Des m³/s aux L/min
On sait que
m³ L et min s.
Or
m³/s L/s L/s.
Donc
L/min.
Exemple — Un débit et une durée
Une piscine de m³ se remplit à L/min. Combien de temps ?
On sait que
m³ L.
Or
min.
Donc
Le remplissage dure heures.
Méthode 5 — Vérifier la cohérence des unités
Le contrôle final porte toujours sur l’unité : une longueur ne peut pas répondre à une question sur un volume, et un résultat en m/s de l’ordre de plusieurs centaines pour un piéton signale une erreur de conversion.
Une réponse sans unité est incomplète ; une réponse avec une unité incohérente est fausse, même si le calcul est juste.
Espace : solides, sections planes et repérage sur la sphère
I - Représenter les solides du cycle
Vocabulaire
Un polyèdre est un solide dont toutes les faces sont des polygones. Le cube, le pavé droit, le prisme droit et la pyramide en sont ; le cylindre, le cône et la boule n’en sont pas.
Définition 1
La perspective cavalière représente un solide en conservant en vraie grandeur les faces parallèles au plan de la feuille. Les arêtes fuyantes sont tracées parallèlement entre elles, réduites, et les arêtes cachées sont en pointillés.
Un pavé droit en perspective cavalière.
Un cylindre de révolution : les disques de base se dessinent en ellipses.
Définition 2
Un patron d’un solide est une figure plane qui, pliée le long de certains segments, reconstitue exactement le solide.
Le patron d’un cylindre : deux disques et un rectangle dont la longueur est le périmètre du disque.
Définitions
Un solide se décrit aussi par ses vues :
la vue de face, celle de l’observateur ;
la vue de dessus, à la verticale ;
la vue de côté ;
la vue en coupe, qui montre l’intérieur.
Méthode 1 — Passer d'une représentation à une autre
Compter les faces, les arêtes et les sommets sur chaque représentation : les nombres doivent coïncider.
Repérer les longueurs conservées : elles sont en vraie grandeur sur le patron et sur les vues, pas toujours en perspective.
Contrôler la cohérence : deux vues suffisent rarement à identifier un solide, trois suffisent presque toujours.
II - Sections planes
Définition 4
La section d’un solide par un plan est la figure obtenue à l’intersection du solide et du plan : c’est ce qu’on voit sur la tranche quand on coupe le solide.
Propriétés — Section d'un pavé droit
Par un plan parallèle à une face, la section est un rectangle identique à cette face.
Par un plan parallèle à une arête, la section est un rectangle dont une dimension est celle de l’arête.
Une section parallèle à une face : le rectangle obtenu est superposable à cette face.
Une section parallèle à une arête verticale.
Propriétés — Sections des solides de révolution
Cylindre coupé parallèlement aux bases : un disque de même rayon ; coupé par un plan contenant l’axe : un rectangle.
Cône coupé parallèlement à la base : un disque plus petit, dont le rayon est proportionnel à la distance au sommet.
Pyramide coupée parallèlement à la base : un polygone de même forme, réduction de la base.
Sphère coupée par un plan : un cercle, d’autant plus petit que le plan s’éloigne du centre.
Le cylindre coupé parallèlement aux bases.
Le même cylindre, coupé par un plan contenant son axe.
Le cône coupé parallèlement à sa base : la section est une réduction du disque de base.
La sphère coupée par un plan.
La section d’une pyramide ou d’un cône par un plan parallèle à la base est une réduction de cette base : c’est le chapitre des homothéties qui donne le rapport, et donc l’effet sur les aires et les volumes.
III - Utiliser un logiciel de géométrie dans l’espace
Protocole
Construire le solide à partir de ses dimensions.
Le faire tourner pour identifier les arêtes cachées et vérifier la perspective dessinée à la main.
Définir un plan, puis demander la section : le logiciel affiche la figure obtenue.
Déplacer le plan et observer comment la section se déforme.
Remarque
Le logiciel sert à conjecturer : il montre que la section d’un cône se réduit à mesure que le plan monte. Il ne démontre rien ; c’est le théorème de Thalès qui donne le rapport.
IV - Repérage sur la sphère
Définitions
Sur une sphère :
un grand cercle est un cercle de même centre et de même rayon que la sphère ;
les méridiens sont des demi-grands cercles joignant les deux pôles ;
les parallèles sont les cercles obtenus en coupant la sphère par un plan perpendiculaire à l’axe des pôles.
L’équateur est le seul parallèle qui soit un grand cercle. Tous les méridiens en sont.
Un point de la sphère est repéré par sa latitude et sa longitude.
Définitions
La latitude d’un point est l’angle, compris entre et , mesuré depuis l’équateur, suivi de Nord ou Sud.
La longitude est l’angle, compris entre et , mesuré depuis le méridien de Greenwich, suivi de Est ou Ouest.
Exemples
Paris : Nord, Est.
Quito : , Ouest — sur l’équateur.
Le pôle Nord : Nord ; sa longitude n’a pas de sens.
Méthode 2 — Lire des coordonnées géographiques
Repérer le parallèle du point : il donne la latitude, Nord au-dessus de l’équateur, Sud en dessous.
Repérer son méridien : il donne la longitude, Est à droite de Greenwich, Ouest à gauche.
Toujours donner les deux, avec leur lettre.
V - Calculs dans une section
Méthode 3 — Calculer une longueur dans une section
Dessiner la section en vraie grandeur, à plat.
Y repérer un triangle rectangle.
Appliquer le théorème de Pythagore, ou celui de Thalès si la section provient d’une réduction.
Exemple — Le rayon d'une section de sphère
Une sphère de rayon cm est coupée par un plan situé à cm de son centre.
On sait que
Le rayon de la sphère, la distance au plan et le rayon de la section forment un triangle rectangle.
Or
.
Donc
cm : la section est un cercle de rayon cm, d’aire cm².
Exemple — Une section de cône
Un cône a une base de rayon cm et une hauteur de cm. On le coupe à cm du sommet, parallèlement à la base.
On sait que
La section est une réduction de la base, de rapport .
Or
Le rayon de la section vaut cm.
Donc
Son aire vaut cm², soit de l’aire de la base — le carré du rapport.
Exemple — La diagonale d'une section de pavé
Un pavé droit a pour dimensions cm, cm et cm. La section par un plan parallèle à la face est un rectangle de cm sur cm.
Sa diagonale mesure cm, et son aire cm².
Méthode 4 — Contrôler un résultat
Le rayon d’une section est toujours inférieur au rayon du solide, et l’aire d’une section de cône est toujours inférieure à celle de la base. Un résultat qui viole ces bornes signale une erreur.