I - Vocabulaire des expériences aléatoires
Définition 1
Une expérience aléatoire est une expérience dont on connait tous les résultats possibles, sans pouvoir prévoir lequel se produira.Vocabulaire
Chaque résultat possible est une issue. L’ensemble des issues s’appelle l’univers de l’expérience.Exemples
- Lancer un dé à six faces : six issues, à .
- Lancer une pièce : deux issues, pile et face.
- Tirer une carte dans un jeu de : trente-deux issues.
Définition 2
Un évènement est un ensemble d’issues, décrit par une phrase. Il est réalisé lorsque l’issue obtenue lui appartient.Exemple
Avec un dé, l’évènement « obtenir un nombre pair » regroupe les issues , et .Définition 3
L’évènement contraire d’un évènement , noté « non », est l’évènement réalisé exactement quand ne l’est pas.Propriété 1
Remarque
Le contraire de « obtenir au moins un six » est « n’obtenir aucun six », et non « obtenir au plus un six ». Écrire le contraire demande de la précision.II - Calculer une probabilité par dénombrement
Définition 4
La probabilité d’un évènement est un nombre compris entre et qui mesure la chance qu’il se réalise.Définition 5
Une situation est équiprobable lorsque toutes les issues ont la même probabilité.Formule — Dans une situation équiprobable
Exemples
- Avec un dé équilibré, .
- .
- : l’évènement est certain.
- : l’évènement est impossible.
Méthode 1 — Calculer une probabilité
- Vérifier que la situation est équiprobable.
- Compter toutes les issues possibles.
- Compter celles qui réalisent l’évènement.
- Écrire le quotient, puis le simplifier.
Exemple — Par l'évènement contraire
Dans une urne de boules dont sont rouges, la probabilité de ne pas tirer de rouge vaut
III - Expériences à deux épreuves
Méthode 2 — Dénombrer avec un tableau à double entrée
- Porter les issues de la première épreuve en colonnes, celles de la seconde en lignes.
- Remplir chaque case avec le résultat correspondant.
- Compter les cases favorables : le total des cases est le nombre d’issues.
Les cases sont équiprobables, mais pas les sommes : la somme s’obtient de six façons, la somme d’une seule.
Exemple — La somme de deux dés
On sait que
Le tableau compte issues équiprobables.Or
Six d’entre elles donnent une somme égale à .Donc
.Exemple — Deux tirages successifs
Une urne contient une boule rouge, une verte et une bleue ; on tire deux boules l’une après l’autre, en remettant la première.
Le tableau à double entrée compte issues. L’évènement « les deux boules sont de la même couleur » en regroupe , donc sa probabilité vaut .
IV - Simulation
Définition 6
Simuler une expérience aléatoire, c’est la reproduire par un programme ou un tableur, afin de l’observer un grand nombre de fois.Protocole — Sur un tableur
- En
A1, écrire=ALEA.ENTRE.BORNES(1;6)pour simuler un lancer de dé. - Recopier la formule sur lignes.
- En
C1, écrire=NB.SI(A1:A1000;6)pour compter les six obtenus. - Diviser par : on obtient la fréquence du six.
- La touche
F9recalcule tout et donne une nouvelle simulation.
Protocole — Avec un logiciel de programmation
mettre succès à 0 |
répéter 1000 fois : |
····mettre dé à nombre aléatoire entre 1 et 6 |
····si dé = 6 alors ajouter 1 à succès |
dire succès / 1000 |
Remarque
Deux exécutions d’une même simulation ne donnent pas le même résultat : c’est normal, et c’est même le propre du hasard. Ce qui se reproduit, c’est l’ordre de grandeur.V - Stabilisation des fréquences
Propriété 2 — Loi des grands nombres
Lorsqu’on répète un grand nombre de fois une expérience aléatoire, la fréquence d’un évènement se rapproche de sa probabilité.Méthode 3 — Interpréter une simulation
- Sur un petit nombre de lancers, la fréquence peut s’écarter beaucoup de la probabilité : ce n’est pas une anomalie.
- Plus le nombre de lancers augmente, plus l’écart se réduit.
- Une fréquence n’est jamais une preuve : elle donne une estimation.
La loi des grands nombres ne dit rien du prochain lancer. Après cinq piles d’affilée, la probabilité d’obtenir pile reste : la pièce n’a pas de mémoire.
Exemple — Estimer une probabilité inconnue
Une punaise lancée fois retombe pointe en l’air fois. La fréquence vaut : on peut estimer que la probabilité de cet évènement est proche de .
Ici la simulation est le seul outil disponible : aucune symétrie ne permet de calculer cette probabilité par dénombrement.